Une exposition au soleil est-elle bénéfique pour notre santé ?

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- Author, Claudia Posada
- Role, BBC Future
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- Temps de lecture: 10 min
Certaines personnes n'ont besoin que de quelques minutes de soleil par jour en été, tandis que d'autres en nécessitent beaucoup plus.
Les photographies de Coco Chanel, bronzée après une croisière en Méditerranée en 1923, ont popularisé l'idée du bronzage et des bains de soleil. Son teint hâlé est devenu un symbole de réussite sociale et a transformé le rapport des Occidentaux au soleil.
Du début au milieu du XXe siècle, l'héliothérapie – l'utilisation thérapeutique de la lumière du soleil – était employée dans les sanatoriums pour traiter le rachitisme et la tuberculose, et un "bronzage sain" était activement encouragé.
Un siècle plus tard, notre relation avec le soleil est devenue bien plus complexe. Ces cinquante dernières années, l'augmentation des cas de cancer de la peau a conduit à une réévaluation des pratiques médicales, et les campagnes de santé publique ont mis l'accent sur la prévention et la promotion intensive de la crème solaire. Le lien entre une exposition excessive au soleil et le risque de cancer de la peau reste établi.
Cependant, ces dernières années, une exposition solaire dite "modérée" – des expositions brèves et ciblées, en milieu de journée – s'est révélée bénéfique pour notre santé mentale, notre taux de vitamine D et notre système immunitaire. Des études montrent également qu'elle réduit le risque de certains cancers, améliore la santé cardiovasculaire et favorise les fonctions cognitives et le sommeil. Alors, comment profiter de ses bienfaits tout en évitant ses dangers ? Et de quelle quantité de soleil avons-nous réellement besoin ?
Pourquoi avons-nous besoin du soleil ?
Une exposition modérée au soleil aide le corps à produire de la vitamine D, essentielle à la santé osseuse et au bon fonctionnement musculaire. Certaines études montrent que des taux élevés de vitamine D sont associés à une incidence et une mortalité plus faibles liées au cancer, ainsi qu'à un risque réduit de développer un diabète de type 2.
Le soleil contribue également à faire baisser la tension artérielle. Lorsque les rayons UVA atteignent notre peau, ils déclenchent la libération d'oxyde nitrique, ce qui provoque la dilatation des vaisseaux sanguins. Cela réduit le risque de crise cardiaque et d'accident vasculaire cérébral.
Une étude marquante menée auprès de 29 518 Suédoises suivies pendant plus de 20 ans a révélé que celles qui évitaient le soleil présentaient un taux de mortalité (toutes causes confondues) deux fois supérieur à celui du groupe le plus exposé. À l'inverse, l'utilisation de cabines de bronzage était corrélée à une augmentation de la mortalité globale et du taux de mortalité par cancer. Une autre étude suédoise réalisée en 2011 a constaté que les femmes qui utilisaient une cabine de bronzage une fois par mois ou plus pendant au moins dix ans présentaient une augmentation de 90 % de la mortalité toutes causes confondues.
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Rebecca Mason, professeure de physiologie à l'Université de Sydney en Australie, affirme que l'obtention de niveaux adéquats de vitamine D contribue à "atténuer l'inflammation, à répondre aux agents pathogènes envahissants et à gérer votre système immunitaire afin qu'il n'attaque pas vos propres cellules".
Il a été démontré que la lumière du soleil améliore le sommeil et stimule les fonctions cognitives. La lumière du matin contient des longueurs d'onde de lumière bleue qui incitent le cerveau à croire qu'il fait jour, augmentant ainsi le taux de cortisol et inhibant la mélatonine, l'hormone du sommeil. On se sent alors plus alerte et énergique. Une exposition plus importante à la lumière du jour peut améliorer les performances cognitives, les temps de réaction et la mémoire. Une étude menée auprès de plus de 360 000 participants a établi un lien entre l'exposition à la lumière du soleil pendant la journée (environ 1,5 heure) et un risque réduit de développer une démence.
L'exposition à la lumière du soleil augmente également le taux de sérotonine dans le cerveau, un neurotransmetteur qui contribue à nous apaiser et à améliorer notre concentration. Il a été démontré que les patients traités pour une dépression sévère dans des pièces ensoleillées guérissent plus rapidement. À l'inverse, une exposition insuffisante à la lumière du jour peut accroître le risque de symptômes dépressifs, de baisse de moral et d'insomnie.

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De combien de soleil avons-nous besoin ?
Bien que les recommandations varient selon l'âge, la situation géographique et le type de peau, les experts recommandent généralement des expositions courtes et fréquentes au soleil.
Selon Mason, pour la synthèse de la vitamine D, l'exposition au soleil est optimale en milieu de journée, par courtes périodes mais fréquentes, lorsque le taux d'UVB est le plus élevé.
Pour les personnes à peau claire, Mason recommande des expositions régulières et brèves au soleil la plupart des jours de la semaine, en découvrant les mains, les bras ou les jambes pendant quelques minutes. Dans les régions à fort rayonnement UV, cette exposition devrait plutôt avoir lieu en milieu de matinée ou d'après-midi.
Les personnes à peau foncée peuvent avoir besoin d'une exposition au soleil nettement plus importante, car leur taux plus élevé de mélanine implique une production de vitamine D par le soleil plus lente. Une étude a montré qu'au printemps et en été au Royaume-Uni, les personnes à la peau brun foncé ont besoin d'environ 25 minutes d'exposition au soleil à midi pour produire suffisamment de vitamine D.
Les personnes à la peau très claire, ayant des antécédents personnels ou familiaux de mélanome, ou présentant de nombreux grains de beauté, courent un risque élevé de développer un cancer de la peau et doivent redoubler de précautions, explique Mason. Cela concerne également les personnes sous immunosuppresseurs. Chez les personnes à la peau claire, certaines études suggèrent que toute exposition au soleil, même minime et nécessaire à la production de vitamine D, pourrait accroître le risque de cancer. Des recherches supplémentaires sont toutefois nécessaires, notamment pour déterminer si ce risque est également présent chez les personnes à la peau plus foncée.
"Ils peuvent toujours s'exposer quelques minutes, mais il est préférable d'exposer une plus grande surface de peau pendant une durée plus courte et plus fréquemment, plutôt que pendant une durée plus longue et moins souvent", explique-t-elle. Cette méthode est plus efficace en milieu de journée, lorsque le rapport UVB/UVA est plus élevé qu'à d'autres moments de la journée. Bien que les UVB soient la principale cause du cancer de la peau, ils sont essentiels à la synthèse de la vitamine D. Plus tôt ou plus tard dans la journée, l'exposition aux UVB est moindre, et l'exposition aux UVA, plus nocifs, est plus importante. Ces derniers sont liés au vieillissement cutané et jouent également un rôle dans le développement du cancer de la peau.
Cependant, après cela, insiste Mason, "il est indispensable de bien se couvrir".
Dans de rares cas, comme pour les personnes atteintes d'albinisme, toute exposition au soleil sans protection peut être totalement déconseillée.
En hiver, il est nécessaire de passer plus de temps à l'extérieur pour synthétiser suffisamment de vitamine D, en fonction de la surface de peau exposée et du lieu. Dans certaines régions du monde, comme Melbourne et Hobart, Mason explique que le rayonnement UVB est insuffisant pour permettre une synthèse significative de vitamine D en hiver.
"De faibles à modérées quantités suffisent pour être en bonne santé", affirme JoAnn Manson, professeure de médecine à la faculté de médecine de Harvard et à l'hôpital Brigham and Women's de Boston. Elle insiste sur le fait qu'il faut éviter toute exposition prolongée sans protection, en particulier entre 10 h et 16 h, tout en précisant que l'exposition solaire occasionnelle est bénéfique, que ce soit lors d'une activité physique ou de courses en extérieur.
"Le rapport bénéfice/risque de l'exposition au soleil varie selon le type et la couleur de la peau", explique Lesley Rhodes, professeure de dermatologie et de photobiologie à l'Université de Manchester, au Royaume-Uni.
Des études montrent que les peaux plus foncées offrent une meilleure protection contre les dommages à l'ADN induits par les UV, tandis que les peaux plus claires sont vulnérables même à de très faibles niveaux d'UV, ce qui souligne la nécessité de recommandations personnalisées en matière d'exposition au soleil. Les personnes à la peau plus foncée possèdent des niveaux de mélanine plus élevés, qui agissent comme un filtre naturel contre les rayons UV nocifs.

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Bien que le niveau de protection solaire nécessaire varie selon le type de peau et l'intensité des UV, Mason affirme que tout le monde, y compris les personnes à la peau foncée, devrait porter des lunettes de soleil au soleil.
En 2024, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont fait figure de pionnières en adoptant une approche plus personnalisée lors de la mise à jour de leurs recommandations relatives à l'exposition au soleil. Leur population a été divisée en trois groupes, selon le type de peau et le risque de cancer cutané.
Quels sont les risques d'une exposition excessive au soleil ?
S'exposer excessivement au soleil n'augmente pas la production de vitamine D, mais accroît le risque de coups de soleil, de taches pigmentaires et de vieillissement prématuré, et constitue la principale cause de cancer de la peau.
Au Royaume-Uni, le nombre de nouveaux cas de mélanome (la forme la plus dangereuse de cancer de la peau) diagnostiqués chaque année a atteint un niveau record, dépassant pour la première fois la barre des 20 000. L'association à but non lucratif Cancer Research indique qu'une exposition excessive aux UV ou l'utilisation de cabines de bronzage contribuent à cette augmentation, et que neuf cas sur dix seraient évitables. Le cancer de la peau est également la forme de cancer la plus fréquente aux États-Unis, où 112 000 nouveaux cas de mélanome invasif devraient être diagnostiqués cette année.
Il est essentiel de limiter l'exposition au soleil pendant l'enfance et l'adolescence, car les recherches montrent que la quantité d'exposition au soleil qu'une personne subit au cours des 20 premières années de sa vie détermine, dans une large mesure, la probabilité de développer un cancer de la peau.
Une exposition excessive au soleil peut également provoquer des cataractes. Ces opacifications du cristallin sont généralement faciles à traiter chirurgicalement, mais peuvent à terme entraîner la cécité si elles ne sont pas soignées. Les médecins recommandent le port de lunettes de soleil avec des verres à protection UV 400 pour protéger les yeux des rayons nocifs.
Que se passe-t-il si vous ne vous exposez pas suffisamment au soleil ?
Si vous vivez dans une région peu ensoleillée, vous risquez de présenter une carence en vitamine D, surtout en hiver, explique Rhodes. Les personnes à la peau foncée, celles qui ont peu accès à l'extérieur, celles qui souffrent de photosensibilité ou qui couvrent leur peau sont particulièrement exposées à ce risque.
Une carence prolongée peut entraîner des déformations osseuses, comme le rachitisme ou l'ostéomalacie. Le rachitisme est apparu pour la première fois comme une épidémie urbaine en Grande-Bretagne au XVIIe siècle, lorsque l'utilisation intensive du charbon a enfumé des villes comme Londres, bloquant ainsi les rayons UV.
Cependant, les carences en vitamine D se corrigent facilement grâce à la supplémentation. Le débat sur la nécessité pour tous les adultes de prendre des suppléments de vitamine D reste plus controversé. Les recommandations en matière de supplémentation varient selon l'âge et les directives nationales.
Dans certains pays où l'ensoleillement hivernal est limité, comme les États-Unis et le Canada, il est courant d'enrichir en vitamine D des aliments tels que les champignons, les céréales et les produits laitiers.
Il est important de ne pas consommer trop de vitamine D, préviennent les experts. Un apport quotidien supérieur à 4 000 UI (100 microgrammes) est généralement considéré comme nocif, car il peut entraîner une hypercalcémie, susceptible de fragiliser les os et d'endommager les reins et le cœur.
Un siècle après l'effet bronzant de Coco Chanel, notre compréhension des risques, comme des bienfaits, d'une exposition prolongée au soleil a évolué au fil des recommandations sanitaires et des campagnes de prévention.
Comme le souligne Mason, mieux vaut s'exposer peu et souvent. En privilégiant de courtes et fréquentes séances de soleil à midi, en prenant des mesures de protection et en évitant une exposition prolongée – surtout aux heures les plus chaudes –, nous pouvons profiter des bienfaits du soleil tout en minimisant les risques de coups de soleil et de cancer de la peau.
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