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Sept jours et des millions de personnes en deuil : à quoi s'attendre aux funérailles de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei
- Author, Masoud Azar
- Role, BBC News Persan
- Published
- Temps de lecture: 6 min
L'Iran a entamé plusieurs jours de deuil national et de processions funéraires en hommage à son ancien guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, plus de quatre mois après son assassinat lors de frappes menées par les États-Unis et Israël.
Les autorités iraniennes parlent de "funérailles du siècle".
La dépouille de l'ancien guide suprême sera exposée au Grand Mossalla de Téhéran à partir de ce vendredi, avant son enterrement dans sa ville natale de Mashhad jeudi prochain, 9 juillet.
Une cérémonie funéraire officielle aura lieu à Téhéran samedi.
Les autorités iraniennes affirment que, selon elles, l'ampleur des préparatifs, qui attendent entre 12 et 20 millions de participants pour une cérémonie d'État en Iran, est sans précédent et comprend notamment :
- des milliers de camps de service pour pèlerins (mawkibs)
- hébergement pour plus d'un million de visiteurs
- un itinéraire traversant le centre de Téhéran conçu pour contrôler les foules
Le Corps Mohammad Rasulollah basé à Téhéran, principale unité provinciale du Corps des gardiens de la révolution islamique, dirige l'opération.
La liste des personnalités politiques, religieuses et sécuritaires se rendant à Téhéran devrait être l'un des éléments les plus scrutés, certains observateurs affirmant que ceux qui s'abstiennent pourraient être aussi importants que ceux qui y participent.
Selon les autorités, des personnalités publiques de dizaines de pays seront présentes, notamment des présidents, des premiers ministres, des présidents de parlement et des ministres.
Environ 800 journalistes étrangers devraient couvrir l'événement.
Les autorités iraniennes ont adopté le slogan "Nous devons nous lever" pour les funérailles, accompagné du symbole du poing levé.
Sept jours de cérémonies ont débuté vendredi à la Grande Mosquée de Téhéran, et les visiteurs peuvent venir se recueillir jusqu'à dimanche après-midi.
Le cercueil de Khamenei est exposé sur une plateforme surélevée, avec un système de circulation conçu pour permettre aux visiteurs d'entrer et de sortir en 15 à 20 minutes.
Mardi, les événements se déplaceront à Qom, juste au sud de Téhéran, où un haut dignitaire chiite dirigera les prières funéraires à Jamkaran, l'un des sites religieux les plus importants et symboliques d'Iran.
Mercredi, la dépouille de Khamenei sera transportée à Najaf, en Irak. Après une procession au mausolée de l'imam Ali, premier imam du chiisme, des cérémonies se poursuivront à Karbala avant le retour du corps en Iran.
Les autorités iraniennes affirment que les événements en Irak font suite à des demandes de groupes irakiens, tandis que certains analystes y voient une illustration de l'influence de Khamenei dans le monde musulman chiite et des liens religieux et politiques de l'Iran dans toute la région.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui s'est rendu à Bagdad pour coordonner les préparatifs, a évoqué "l'importance symbolique" des funérailles.
Jeudi, le 9 juillet, Khamenei sera inhumé à Mashhad, sa ville natale, au sanctuaire de l'imam Reza, le mausolée du huitième imam de l'islam chiite et le lieu de pèlerinage le plus important d'Iran, qui attire des millions de visiteurs chaque année.
Les cérémonies de deuil se poursuivront dans tout le pays pendant 40 jours, et des événements commémoratifs sont prévus jusqu'au premier anniversaire de son inhumation.
Les funérailles de Khamenei surviennent alors que la République islamique est confrontée à d'importants défis politiques et sociaux.
Les funérailles des dirigeants dans les systèmes politiques idéologiques servent des objectifs à la fois politiques et religieux, selon les analystes.
Certains perçoivent ces cérémonies comme une occasion pour l'État iranien de projeter une image d'unité et de renforcer son discours officiel. Elles pourraient jouer un rôle symbolique dans la consolidation de l'ordre post-Khamenei et le soutien apporté à son fils et successeur, Mojtaba.
Mais d'autres avertissent que même une mobilisation d'une telle ampleur ne peut à elle seule résoudre les divisions politiques et sociales plus profondes.
Malgré une planification minutieuse des cérémonies, plusieurs questions essentielles demeurent, notamment celle de savoir si Mojtaba et ses frères et sœurs assisteront aux funérailles de leur père.
Les fils de Khamenei n'ont pas été vus en public depuis la guerre des douze jours l'an dernier. L'incertitude demeure quant à l'état de santé de Mojtaba, suite aux informations selon lesquelles plusieurs membres de sa famille, dont son épouse, auraient été tués lors d'une attaque le 28 février 2026.
Le mardi 30 juin, Ali Akbar Pourjamshidian, secrétaire du comité d'organisation, a déclaré que toute décision concernant la présence de Mojtaba serait annoncée par les bureaux du commandant en chef des forces armées et du guide suprême.
Une autre question demeure : qui dirigera la prière funéraire ? Dans la tradition chiite, ce rôle revêt une importance religieuse et politique. Certains observateurs estiment qu’une apparition publique de Mojtaba pourrait être interprétée comme un signal concernant la future direction de l’Iran.
Nous avons utilisé l'IA pour aider à traduire cet article, rédigé à l'origine en anglais. Un journaliste de la BBC a vérifié la traduction avant sa publication. En savoir plus sur la manière dont nous utilisons l'IA.