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Benjamin Netanyahu : le « Monsieur Sécurité » d'Israël parviendra-t-il à remporter un septième mandat de Premier ministre ?
- Author, Raffi Berg
- Role, Rédacteur en chef Digital pour le Moyen-Orient
- Author, Lucy Williamson
- Role, Correspondant au Moyen-Orient
- Published
- Temps de lecture: 12 min
Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien ayant exercé le plus longtemps, espère remporter un septième mandat lors des élections législatives qui se tiendront en Israël le 27 octobre.
Depuis des décennies, M. Netanyahu, âgé de 77 ans, se présente comme le « Monsieur Sécurité » d'Israël.
Mais sa candidature à un nouveau mandat intervient après ce que de nombreux Israéliens considèrent comme le plus grand échec en matière de sécurité de l'histoire du pays : les attaques menées par le Hamas le 7 octobre 2023.
Depuis lors, il s'est attaché à mener des guerres contre le Hamas, ainsi que contre ses alliés, le Hezbollah et l'Iran, tout en faisant l'objet d'un procès pénal pour corruption, accusations qu'il nie.
Les sondages laissent entrevoir une course serrée entre le bloc de droite de Netanyahou et un bloc d'opposition composé de partis qui s'unissent pour le chasser du pouvoir. Parmi eux figurent l'ancien Premier ministre Naftali Bennett et l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot.
L'héritage du 7 octobre devrait jouer un rôle central dans la décision de nombreux électeurs.
Un survivant de la politique
Malgré les polémiques et les crises politiques qui ont menacé son emprise sur le pouvoir, Netanyahou s'est forgé une réputation de survivant politique.
Réélu en novembre 2022 pour ce qui était alors son sixième mandat de Premier ministre, il dirige la coalition la plus à droite de l'histoire d'Israël.
Son retour au pouvoir est intervenu après une période relativement brève dans l'opposition, qui a suivi douze années consécutives à la tête du gouvernement, un retour qui a renforcé la conviction de ses partisans selon laquelle le « roi Bibi » était politiquement invincible.
Il reste toujours populaire auprès de nombreux électeurs de droite et religieux, qui le considèrent comme un leader fort en matière de sécurité, et dont le gouvernement a fait pression pour étendre les dispenses de service militaire aux juifs ultra-orthodoxes poursuivant des études religieuses à temps plein.
Mais son apparente invincibilité est désormais menacée, l'ombre des attentats du 7 octobre planant sur les élections.
Netanyahu a reconnu une part de responsabilité pour ne pas avoir empêché ce qui s'est passé le 7 octobre 2023, lorsque Israël – sous son mandat – a subi l'attaque la plus catastrophique de son histoire, au cours de laquelle des milliers de tireurs dirigés par le Hamas ont franchi la frontière depuis Gaza, tuant environ 1 200 personnes et emmenant 251 autres à Gaza en otages.
Mais il affirme que de nombreuses autres personnes portent également une part de responsabilité, notamment de hauts responsables de la sécurité, dans les défaillances qui ont conduit à ces attaques. Il les a accusés d'avoir délibérément choisi de ne pas le réveiller dans les heures qui ont précédé les attaques, par crainte qu'il n'ordonne un déploiement massif de l'armée israélienne et n'aggrave la situation.
Au moins 74 000 personnes ont été tuées lors de l'offensive israélienne à Gaza, selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, dont les chiffres sont considérés comme fiables par l'ONU. Les actions d'Israël à Gaza ont suscité une condamnation généralisée de la part de la communauté internationale.
Au cours des années qui ont suivi l'attaque, de plus en plus de rapports font état d'avertissements qui auraient été adressés à Netanyahou – tant par son propre chef de la sécurité que par des voisins de la région –, ce qu'il nie.
Le mois dernier, le journal israélien *Haaretz* a publié des extraits d'un nouvel ouvrage, affirmant que le dirigeant des Émirats arabes unis avait appelé Netanyahou dix jours avant l'attaque pour l'avertir des projets du Hamas visant à mener une opération de grande envergure.
Le bureau de Netanyahou a qualifié cette information de « mensonge absolu » et a déclaré qu'il allait poursuivre le journal en justice.
En novembre 2024, Netanyahou est devenu le quatrième dirigeant mondial à faire l'objet d'un mandat d'arrêt délivré par la Cour pénale internationale, aux côtés du Russe Vladimir Poutine, du Soudanais Omar el-Béchir et du Libyen Mouammar Kadhafi.
Cette décision, ainsi que le mandat d'arrêt délivré à l'encontre de l'ancien ministre israélien de la Défense Yoav Gallant, a suscité une vive réaction dans l'ensemble du spectre politique israélien.
Ces mandats sont liés aux actions militaires menées par Israël à Gaza à la suite des attaques du Hamas du 7 octobre et portent notamment sur des allégations d'utilisation de « la famine comme méthode de guerre » et de « crimes contre l'humanité, notamment des meurtres, des persécutions et d'autres actes inhumains ».
Les deux hommes rejettent ces accusations.
L'héritage de son frère
Benjamin Netanyahu est né à Tel-Aviv en 1949. En 1963, sa famille s'est installée aux États-Unis lorsque son père, Benzion, éminent historien et militant sioniste, s'est vu proposer un poste universitaire.
À l'âge de 18 ans, il est retourné en Israël, où il a passé cinq années remarquables dans l'armée, servant en tant que capitaine au sein d'une unité de commandos d'élite, le Sayeret Matkal. Il a été blessé lors d'un raid contre un avion de ligne belge détourné par des militants palestiniens qui avait atterri en Israël en 1972, et a combattu pendant la guerre du Moyen-Orient de 1973.
En 1976, le frère de Netanyahu, Jonathan, a trouvé la mort alors qu'il menait une opération visant à libérer des otages d'un avion détourné à Entebbe, en Ouganda. Sa mort a profondément marqué la famille Netanyahu, et son nom est entré dans la légende en Israël.
Netanyahu a créé un institut de lutte contre le terrorisme en mémoire de son frère et, en 1982, il est devenu chef de mission adjoint d'Israël à Washington.
Du jour au lendemain, la carrière publique de Netanyahu a pris son envol. Parlant anglais avec aisance et arborant un accent américain caractéristique, il est devenu un visage familier de la télévision américaine et un défenseur efficace d'Israël.
Il a été nommé représentant permanent d'Israël auprès des Nations unies à New York en 1984.
Ascension au pouvoir
Netanyahu s'est lancé dans la politique à son retour en Israël en 1988 : il a remporté un siège pour le Likoud à la Knesset (le Parlement) et est devenu ministre délégué aux Affaires étrangères.
Il a ensuite pris la tête du parti, puis, en 1996, est devenu Premier ministre d'Israël à l'issue d'élections anticipées organisées à la suite de l'assassinat d'Yitzhak Rabin.
Netanyahu était également le plus jeune dirigeant d'Israël et le premier à être né après la création de l'État en 1948.
Bien qu'il ait vivement critiqué les accords de paix d'Oslo de 1993 entre Israël et les Palestiniens, Netanyahu a signé en 1997 un accord cédant 80 % d'Hébron au contrôle de l'Autorité palestinienne et a accepté de nouveaux retraits de la Cisjordanie occupée, suscitant de vives critiques de la part de la droite (même si le plan a échoué avant que la plupart des retraits israéliens n'aient eu lieu).
Il a perdu son poste en 1999 après avoir convoqué des élections 17 mois avant la date prévue ; il a été battu par le chef du Parti travailliste Ehud Barak, son ancien commandant.
Renaissance politique
Netanyahu a démissionné de son poste de président du Likoud et a été remplacé par Ariel Sharon.
Après l'élection d'Ariel Sharon au poste de Premier ministre en 2001, Netanyahu a réintégré le gouvernement, d'abord en tant que ministre des Affaires étrangères, puis en tant que ministre des Finances. En 2005, il a démissionné pour protester contre le retrait israélien de la bande de Gaza occupée.
Sa chance s'est présentée à nouveau en 2005, lorsque Sharon – juste avant d'être victime d'un grave accident vasculaire cérébral qui l'a plongé dans le coma – a quitté le Likoud pour fonder un nouveau parti centriste, Kadima.
Netanyahu a de nouveau remporté la direction du Likoud et a été élu Premier ministre pour la deuxième fois en mars 2009.
Il a accepté un gel sans précédent de dix mois de la construction de colonies (avec diverses exceptions) en Cisjordanie, permettant ainsi l'ouverture de pourparlers de paix avec les Palestiniens, mais les négociations ont échoué fin 2010.
Bien qu'il ait annoncé publiquement en 2009 qu'il acceptait sous certaines conditions la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël, il a par la suite durci sa position. « Un État palestinien ne verra pas le jour, pas tel que les gens l'envisagent. Cela n'arrivera pas », a-t-il déclaré à une station de radio israélienne en 2019.
Plus tôt cette année, il a déclaré que tout le monde le connaissait comme l'homme qui « a bloqué pendant des décennies la création d'un État palestinien qui mettrait en danger notre existence », ajoutant qu'Israël maintiendrait un contrôle total en matière de sécurité sur l'ensemble du territoire situé à l'ouest du Jourdain, y compris Gaza et la Cisjordanie, « quoi qu'il arrive ».
Son mandat a également été marqué par une forte intensification de l'expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, ce qui, selon ses détracteurs, a compliqué les efforts visant à parvenir à une solution à deux États.
Son gouvernement actuel a autorisé la création de plus de 100 nouvelles colonies depuis son arrivée au pouvoir en 2022 et a supervisé une expansion rapide des avant-postes et fermes illégaux situés au sommet des collines.
L'organisation israélienne « Peace Now », qui surveille les colonies et milite en faveur de la solution à deux États, a déclaré que le gouvernement avait « fait progresser l'annexion de facto de la Cisjordanie à un rythme sans précédent ».
Toutes les colonies et tous les avant-postes israéliens situés en Cisjordanie occupée sont illégaux au regard du droit international. Les avant-postes sont également illégaux au regard du droit israélien, bien que nombre d'entre eux bénéficient d'un soutien de l'État.
Les attaques palestiniennes et les interventions militaires israéliennes ont à plusieurs reprises plongé Israël dans des affrontements au sein et aux abords de la bande de Gaza, avant et après le retour au pouvoir de Netanyahou en 2009.
Tout au long de sa carrière politique, Netanyahou n'a cessé d'alerter sur le fait que l'Iran représentait la plus grande menace pour Israël. Pendant plus de trois décennies, il a affirmé que Téhéran cherchait à se doter d'armes nucléaires et a appelé à maintes reprises les dirigeants mondiaux à adopter une position plus ferme à l'égard du gouvernement iranien.
Cette campagne de longue haleine a atteint son paroxysme en février 2026, lorsque Israël et les États-Unis ont lancé des frappes contre l'Iran qui ont coûté la vie au Guide suprême Ali Khamenei. L'Iran a riposté par des attaques contre Israël, des bases militaires américaines et des États du Golfe, tandis qu'une attaque du Hezbollah a dégénéré en une nouvelle guerre au Liban.
Un cessez-le-feu négocié par le Pakistan est entré en vigueur en avril, suivi en juin d'un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran, mais celui-ci a volé en éclats en l'espace de quelques semaines. Depuis, les États-Unis et l'Iran se sont livrés à des frappes réciproques, et aucun nouvel accord n'est en vigueur.
Le spectacle du procès
Après 2016, Netanyahou a fait l'objet d'une enquête pour corruption, qui a abouti, en novembre 2019, à sa mise en examen pour corruption, fraude et abus de confiance dans le cadre de trois affaires distinctes.
Il nie toute malversation et affirme être victime d'une « chasse aux sorcières » à motivation politique orchestrée par ses adversaires. Son procès s'est ouvert en mai 2020, faisant de lui le premier Premier ministre en exercice à comparaître devant un tribunal.
Il a demandé la grâce au président Isaac Herzog, mais ce dernier a déclaré qu'il fallait d'abord s'efforcer de parvenir à un accord sur le plaidoyer. L'affaire n'est toujours pas résolue, plus de six ans après les faits, et le procès se poursuit.
Les projets controversés de réforme du système judiciaire ont également déclenché d'importantes manifestations, mettant en évidence de profondes divisions concernant l'identité nationale et la démocratie en Israël, avant les attentats du 7 octobre — des divisions qui restent sans solution alors qu'Israël s'apprête à se rendre à nouveau aux urnes.
Les liens de Trump
L'arrivée au pouvoir de Donald Trump en 2017 a conduit à un rapprochement entre les politiques des gouvernements américain et israélien, et moins d'un an plus tard, Trump a annoncé qu'il reconnaissait Jérusalem comme capitale d'Israël.
Cette décision a déclenché une vague d'indignation dans tout le monde arabe – qui soutient la revendication des Palestiniens sur la partie orientale de Jérusalem, occupée par Israël depuis la guerre du Moyen-Orient de 1967 ; cette revendication est appuyée par l'ONU, qui considère Jérusalem-Est comme un territoire palestinien occupé –, mais elle a permis à Netanyahou de remporter un grand succès politique et diplomatique sur le plan national.
Et en janvier 2020, Netanyahou a salué le plan de paix de Trump entre Israël et les Palestiniens comme « l'opportunité du siècle », bien qu'il ait été rejeté par les Palestiniens, qui l'ont jugé partial, et qu'il soit resté lettre morte.
Netanyahou était également sur la même longueur d'onde que Trump concernant l'Iran, saluant le retrait du président en 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement des sanctions économiques.
Trump a toutefois tenu des propos cinglants à l'égard du dirigeant israélien, l'accusant de déloyauté, après que celui-ci eut félicité Joe Biden pour sa victoire à l'élection présidentielle de novembre 2020.
Les relations entre les deux dirigeants ont depuis été rétablies, puis mises à nouveau à l'épreuve.
Au cours de son deuxième mandat, Trump a soutenu Israël dans la guerre contre l'Iran, a fait pression pour que Netanyahu soit gracié dans une affaire de corruption et l'a reçu à la Maison Blanche à plusieurs reprises, la dernière fois en juillet. Netanyahu a rencontré Trump à huit reprises depuis le retour au pouvoir du président américain en janvier 2025, soit plus que tout autre dirigeant mondial.
Il a réaffirmé ce soutien quelques jours seulement avant les élections. Dans un message publié sur son compte Truth Social, Trump a apporté son soutien à Netanyahou, le qualifiant de « grand Premier ministre guerrier » et le décrivant comme « fort, courageux et brillant face à une opposition farouche ».
Avant tout, cette élection est considérée comme un référendum sur l'une des figures politiques les plus controversées du pays. Pour ses partisans, Benjamin Netanyahu reste indispensable à la sécurité d'Israël. Ses détracteurs affirment quant à eux que sa survie politique met Israël en danger.