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La VAR est-elle devenue une loterie lors de la Coupe du monde 2026 ?
- Author, Dale Johnson
- Role, Correspondant aux questions de football
- Published
- Temps de lecture: 6 min
Il y a quelques jours à peine, certains se demandaient encore si l'assistance vidéo à l'arbitrage était appliquée différemment lors de la Coupe du monde.
Aujourd'hui, après plusieurs rencontres marquées par plusieurs décisions controversées, les supporters peinent à comprendre quand et pourquoi le VAR intervient. Qu'il s'agisse de la demande de penalty du Ghana face à l'Angleterre, du but refusé au Brésil contre l'Écosse ou encore des situations litigieuses lors du match d'ouverture entre l'Allemagne et l'Équateur, il devient difficile de prévoir l'usage de la vidéo officielle.
Jusqu'à présent, les statistiques du VAR dans cette Coupe du monde restent proches de celles observées en Premier League. En Angleterre, la saison dernière, on comptait en moyenne 0,29 intervention par match, contre 0,28 lors de ce Mondial.
S'agissant des interventions dites subjectives, celles qui nécessitent un recours à l'écran pour l'arbitre central, la Premier League affichait 0,15 par match, contre 0,17 en Coupe du monde.
À mesure que la compétition avance, une difficulté apparaît clairement : maintenir une ligne d'interprétation constante dans l'usage du VAR.
Pierluigi Collina, responsable de l'arbitrage à la FIFA, rappelle que le football reste un sport de contact et que tout contact ne constitue pas nécessairement une faute. Il plaide pour des matchs plus fluides et un rythme de jeu plus élevé durant cette Coupe du monde.
Mais cette approche pose une question délicate : si davantage de duels sont laissés à l'appréciation sur le terrain, le VAR doit-il s'adapter en conséquence ? Et où placer la limite entre un contact acceptable et une "erreur manifeste" justifiant l'intervention vidéo ?
Un dilemme que même la Premier League continue de chercher à résoudre.
« Je suis choqué qu'il n'ait pas été revu »
D'autres compétitions semblent appliquer un seuil d'intervention plus bas, avec des arbitres vidéo davantage enclins à intervenir. Cela crée une forme de cohérence pour les spectateurs, qui s'attendent à des décisions régulières, même si cela s'éloigne parfois de l'esprit initial du VAR, conçu pour corriger uniquement les erreurs manifestes.
Prenons la Ligue des champions en comparaison. Avec 0,47 intervention par match et 0,36 recours à l'écran par match, le VAR y est nettement plus sollicité. L'UEFA adopte notamment une interprétation stricte des mains dans la surface, laissant moins de place à la subjectivité et donc moins de situations où l'arbitrage vidéo peut rester en retrait. Dans ce cadre, un contact du ballon avec le bras d'un défenseur est souvent sanctionné de manière quasi automatique.
Dès lors, que s'est-il passé cette semaine pour susciter autant de débats ?
Mardi, le sélectionneur du Ghana, Carlos Queiroz, a ironisé en déclarant que « le VAR était allé prendre un café », après que son équipe n'ait pas obtenu de penalty face à l'Angleterre à la suite d'un contact entre Ezri Konsa et Kwabena Adu. Une action jugée maladroite, dans un match conclu sur un score nul et vierge, et qui a surpris par l'absence d'intervention vidéo.
Le lendemain, mercredi, le Brésil a vu un but refusé lors de sa victoire 3-0 contre l'Écosse, à la suite d'une action impliquant Vinícius Jr et Jack Hendry. Cette fois, la barre d'intervention semblait plus élevée. Certains estimant que Hendry avait été déséquilibré plutôt qu'illégalement sanctionné pour une faute claire et évidente.
« Pour être honnête, je pense que l'Écosse a eu un peu de chance », a commenté l'ancien arbitre assistant de Coupe du monde Darren Cann sur Match of the Day. « Il y a un léger contact avant la frappe, mais je n'y vois pas vraiment une faute. »
Jeudi, l'Allemagne s'est inclinée 2-1 face à l'Équateur. Le premier but de Leroy Sané a été validé malgré un geste dangereux d'Alexandar Pavlović, dont la semelle haute semblait toucher la tête de Pedro Vite. Une situation qui aurait pu constituer, pour beaucoup, un cas d'intervention évident du VAR, mais la décision initiale de l'arbitre Tori Penso n'a pas été corrigée.
« Tous les joueurs qui regardent cette Coupe du monde auraient immédiatement estimé que cela mettait un adversaire en danger, que c'était une semelle haute et donc une faute », a estimé Joe Hart sur Match of the Day. « Je pense que c'est une mauvaise décision. »
Ellen White s'est également dite surprise : « Je suis choquée que l'action n'ait pas été revue et annulée. »
Puis, juste après la pause, Tori Penso a accordé un penalty pour une faute sur Kai Havertz après un duel avec Joel Ordóñez. Mais cette fois, l'arbitre vidéo Joe Dickerson est intervenu pour signaler une faute préalable de Leroy Sané sur Pedro Vite, survenue au milieu de terrain, entraînant l'annulation de la décision.
Pris isolément, ce choix peut sembler cohérent, même si Vite paraissait déjà en perte d'équilibre au moment du contact. Mais mis en perspective avec la tolérance observée sur la semelle haute de Pavlović, la différence d'interprétation interroge.
Peut-être le VAR a-t-il cherché à rééquilibrer une décision précédente. Mais il devient difficile de comprendre pourquoi une action a été jugée digne d'intervention et pas l'autre.
Les grandes équipes ont globalement bénéficié d'un traitement favorable de la VAR tout au long du tournoi. Les seules interventions subjectives défavorables aux favoris concernent le but refusé au Brésil et le penalty annulé contre l'Allemagne.
La France, elle, n'a pas obtenu de penalty face au Sénégal à la suite d'un contact entre Sadio Mané et Kylian Mbappé, alors même que l'action avait été signalée par le VAR avant d'être finalement rejetée par l'arbitre. Une décision qui a renforcé le sentiment d'incohérence, tant l'absence de sanction a surpris de nombreux observateurs.
Pierluigi Collina, responsable de l'arbitrage à la FIFA, doit encore ajuster le travail de son équipe composée d'environ 30 officiels vidéo, basée à Dallas.
La philosophie initiale de la VAR — « une intervention minimale pour un bénéfice maximal » — reste difficile à appliquer dans la pratique. Elle suppose en effet une condition essentielle : la qualité des décisions prises sur le terrain.
Le principe du minimum d'intervention ne fonctionne pleinement que lorsque les arbitres initiaux prennent des décisions cohérentes et solides. Or, à ce stade de la compétition, cette exigence ne semble pas toujours remplie.
Nous avons utilisé l'IA pour aider à traduire cet article, rédigé à l'origine en anglais. Un journaliste de la BBC a vérifié la traduction avant sa publication. En savoir plus sur la manière dont nous utilisons l'IA.