Colonisation en Afrique : l'histoire de dix massacres qui ont marqué les esprits

    • Author, Abdou Aziz Diédhiou
    • Role, BBC News Afrique
  • Temps de lecture: 17 min

De la colonisation européenne, certains ne veulent voir que l'avènement de école, les routes, chemins de fer et autres infrastructures laissées dans les anciennes colonies africaines.

Beaucoup ignorent en effet que la colonisation européenne qui s'est déroulée entre le XIXème et le XXème siècle, est aussi synonyme de violence, de massacres, d'expropriations, de privation de liberté et de négation profonde de la dignité humaine des peuples colonisés d'Afrique avant leur accès à l'indépendance.

De Dakar à Nairobi, d'Alger au Cap (Afrique du Sud), les scènes vécues par les peuples africains sous domination coloniale se ressemblent à tout point de vue de par la présence quasiment permanente de la violence et la cruauté des actes des forces coloniales.

La soumission forcée des populations autochtones à une domination étrangère, l'instauration des travaux forcés, l'expropriation de terres, le pillage systématique des ressources, le recours à la violence armée avec son lot de massacres et de dévastations et la négation profonde de la dignité, tel était le sort des peuples africains sous domination coloniale.

Le bilan de ces massacres coloniaux n'est pas encore établi à ce jour à l'échelle du continent. Ce que l'on sait, c'est que dans certains pays, les populations furent massacrées froidement par les colonisateurs désireux d'instaurer la terreur et la soumission forcée des colonisés.

Les blessures de ces massacres restent toujours ouvertes dans beaucoup de pays.

Dans cet article, BBC News Afrique revient sur la violence qui entoure la colonisation en vous racontant dix massacres coloniaux qui ont marqué l'Afrique durant son occupation par les puissances européennes entre 1850 et 1960, voire au-delà.

1- Sénégal : Thiaroye 44

Le nombre de victimes de ce massacre devenu célèbre n'est pas encore connu à ce jour. Les nouvelles autorités sénégalaises ont entrepris des fouilles à l'emplacement du camp de Thiaroye pour essayer d'établir un bilan exhaustif de ce carnage effectué par les forces coloniales françaises en 1944.

Rappel des faits :

Le 1er décembre 1944, au camp de Thiaroye, à une quinzaine de kilomètres de Dakar, la capitale sénégalaise, des dizaines de tirailleurs sénégalais ont été froidement abattus par leurs frères d'armes des troupes coloniales françaises. Le tort des victimes, a été de réclamer des rappels de soldes de démobilisation.

En effet, les tirailleurs sénégalais faisaient partie des milliers d'hommes mobilisés dans les colonies africaines de la France pour prêter mains fortes à la métropole dans sa guerre contre l'Allemagne nazie.

Selon les estimations d'historiens, le nombre total des victimes se situerait entre 300 et 400 tirailleurs tués.

Ces estimations s'appuient sur les rapports des officiers qui ont établi que plus de 1 600 ex-prisonniers de guerre ont quitté la France le 21 novembre 1944 à destination de Dakar après leur démobilisation.

Juste après le massacre, un rapport de la Sûreté générale à Dakar, relate une désertion de 400 tirailleurs sénégalais lors de l'escale à Casablanca du navire qui les emmenait à Dakar, alors que ce fait n'a jamais été mentionné par l'équipage du bateau.

Une version selon certains historiens qui sert à camoufler l'ampleur du massacre, qui a fait officiellement 71 morts.

Plus de 80 ans après, la France estime que le manifeste du bateau, ce document qui recense le nombre de personnes effectivement embarquées dans le navire a disparu.

L'existence de cette pièce, aurait permis de connaître le nombre de personnes exacte portées disparues et de fournir une indication plus ou moins précise du bilan du massacre de Thiaroye.

2- Cameroun : le massacre d' Ékité 1956

Ce sont les travaux d'historiens camerounais et français dirigés par Karine Ramondy qui ont révélé récemment l'ampleur de la répression coloniale française au Cameroun.

Dans leur rapport remis aux deux chefs d'Etat des deux pays en août 2025, les historiens camerounais et français évoquent le massacre d' Ékité.

Rappel des faits :

Le massacre d' Ékité, a lieu dans la nuit du 30 au 31 décembre 1956. Dans cette nuit tropicale, des militants de l'Union des Populations du Cameroun (UPC), un parti nationaliste qui réclamait l'indépendance, s'étaient réunis dans une maison d' Ékité, une ville située au sud-ouest du Cameroun.

Beaucoup d'entre eux sont considérés comme des maquisards puisque leur parti fondé en 1948, était dissous en 1955, en raison de sa ligne nationaliste et indépendantiste, obligeant ses militants à être dans la clandestinité.

Cependant, la réunion en tant que telle dans cette résidence, était un rassemblement ''pacifique'' souligne Karine Ramondy.

Au lieu d'intervenir pour interpeller les militants réunis, les forces françaises ont décidé de donner l'assaut, commettant froidement un massacre.

Le bilan officiel fait état de 20 morts, mais la réalité est plus cruelle que cela.

''Les témoins locaux parlent de 100 à 200 morts, car plusieurs dizaines de militants étaient venus prendre part à ce qui était une importante réunion'', dit Karine Ramondy.

Au Cameroun, l'armée coloniale française va recourir à la torture et aux assassinats ciblés des militants de l'UPC dont le leader Ruben Um Nyobè, fut tué par l'armée française.

Au total, la répression française contre les militants de l'UPC a fait entre 1956 et 1962, environ 7500 morts selon les estimations militaires.

Plusieurs dizaines de milliers selon les historiens qui soutiennent que la répression des forces françaises s'est poursuivie jusqu'après l'indépendance du pays, le 1er janvier 1960.

Emmanuel Macron a d'ailleurs reconnu en 2025 que la France avait mené ''une guerre'' au Cameroun entre 1945 et 1971, marquée par des ''violences répressives'' contre la population.

3- Madagascar: la violente répression de l'insurrection du 29 mars 1947

La légende raconte souvent que lorsqu'un enfant pleure à Madagascar et qu'on veut le faire taire, on lui dit tout simplement ''les Sénégalais arrivent''.

Vrai ou faux, dans l'imaginaire des habitants de Madagascar, l'évocation du mot sénégalais renvoyait forcément à une image de brutalité.

En réalité, il s'agit des actes posés par les ''tirailleurs Sénégalais'' mobilisés par l'armée coloniale française dans la campagnes de ''pacification'' de la grande Île entre 1895 et 1947.

Rappel des faits :

Le 29 mars, 1947, des insurgés attaquent un camp militaire à Moramanga, une ville côtière où des militants se sont soulevés contre la colonisation et la présence européenne.

Madagascar fait l'objet d'une insurrection populaire portée par des mouvements nationalistes parmi lesquels le MDRM (Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache) qui prônent la lutte violente contre la colonisation.

Le soulèvement est réprimé sévèrement par l'armée coloniale française. Des atrocités et massacres sont commis et des exécutions sommaires contre des insurgés arrêtées dans ces soulèvements.

Le 05 ou 6 mai, 166 militants prisonniers du MDRM seront mitraillés dans trois wagons plombés.

Les survivants seront sommairement exécutés à leur tour par les tirailleurs sénégalais qui faisaient partie des forces coloniales.

Au total, le bilan de la répression s'élèverait à des dizaines de milliers de morts. Entre 30 et 40 000 personnes tuées selon certaines estimations.

4- Congo : les millions de morts de l'exploitation coloniale belge

L'actuel République démocratique du Congo était une propriété de Léopold II de Belgique (1835-1909). Le monarque belge se vit octroyer une partie du Congo en 1885 à l'issue de la Conférence de Berlin.

Rappel des faits:

Le roi Léopold avait dépêché un agent, Stanley, pour devancer le Français Savorgnan de Brazza, dans l'exploration de cette région.

Il développa l'exploitation intensive du caoutchouc dans cette colonie aux immenses richesses.

Cette exploitation du Congo donnera lieu à des massacres de populations autochtones, à travers leur exploitation dans les travaux forcés et la mise en esclavage.

Le chiffre de 10 millions de victimes a été évoqué par l'écrivain américain Mark Twain.

En 1909 apparaît un livre intitulé ''The Crime of the Congo'' publié par l'écrivain et médecin britannique Sir Arthur Conan Doyle traitant des violations des droits de l'homme au Congo propriétaire de Léopold II.

''Beaucoup d'entre nous en Angleterre considèrent le crime qui a été commis sur les terres congolaises par le roi Léopold de Belgique et ses partisans comme le plus grand crime jamais répertorié dans les annales de l'humanité. Je suis personnellement tout à fait de cette opinion'' écrit Conan Doyle dans son ouvrage.

5- Côte d'Ivoire : les massacres de Diapé et de Makoundié en juin 1910

Dans un long article publié par les Cahiers d'Etudes africaines, Fabio Viti Professeur des universités à l'Université Aix-Marseille évoque les massacres de Diapé et de Makoundié (Côte-d'Ivoire) en juin 1910 au moment où la France tentait de pacifier la colonie.

Rappel des faits :

''En juin 1910, deux massacres de populations civiles désarmées eurent lieu à quelques jours de distance, dans les régions des Abbey et des Attié du sud-est de la Côte-d'Ivoire'' écrit Fabio Viti dans son article.

''Pendant trois mois, les Abbey, qui avaient entrainé dans leur mouvement les Attié voisins, avaient tenu en échec les troupes coloniales, jusqu'à la reddition au mois d'avril''.

Selon le chercheur français, la révolte, qui avait pris pour cible le chemin de fer, s'était soldée par un nombre important de victimes, la destruction de nombreux villages et des cultures, le désarmement, l'imposition d'une amende de guerre, la capture et la déportation des chefs et des meneurs.

''Dans ces massacres perpétrés de sang-froid, suivis d'actes de cruauté et sans qu'aucune menace ne soit portée contre les troupes coloniales, l'esprit de vengeance des officiers français et des Tirailleurs sénégalais apparaît nettement''.

''Il y a eu cinquante-quatre morts, vingt hommes, vingt-deux femmes, 5 petits garçons, 7 petites filles''.

''Trois hommes ont été arrêtés et décapités. Les autres ont été tués à coups de fusil et décapités ensuite. Des enfants ont été tués sur le dos de leur mère, on a tiré sur d'autres qui se sauvaient'' lit-on dans cet article.

6- Kenya : les Anglais et la répression des Mau Mau 1950-1963

Depuis 2011, des Kényans ont déposé plainte contre la Grande-Bretagne auprès de la Cour européenne des droits de l'homme afin de demander justice pour les atrocités que les Britanniques ont commises à leur encontre pendant l'ère coloniale.

Ils réclament 200 milliards de dollars de réparations pour les crimes perpétrés par les britanniques contre les Mau Mau.

Rappel des faits :

Le 3 mars 1959, 11 Kenyans sont morts à Hola près de Garissa, dans l'Est du Kenya, où étaient détenus des militants Mau Mau.

Les premières déclarations publiques laissaient entendre que ces hommes avaient été empoisonnés par de l'eau contaminée.

Mais trois jours plus tard, la gouverneure du Kenya, Evelyn Baring, a écrit au secrétaire d'État aux Colonies, Alan Lennox-Boyd, pour lui dire que les rapports préliminaires avaient été ''trompeurs''.

''Les résultats des trois premières autopsies indiquent que, dans chaque cas, le décès est dû à des actes de violence'', indiquait le télégramme du gouverneur adressé à Londres.

Le secrétaire aux Colonies commença à exiger des rapports quotidiens de Nairobi.

''Je suis certain que vous comprendrez mon empressement à disposer d'informations aussi complètes que possible au plus tard le mardi 10 mars au matin. Veuillez m'indiquer quelles autres mesures de communication vous envisagez et si ces conclusions sont susceptibles d'entraîner des procédures disciplinaires ou des poursuites'', a écrit M. Lennox-Boyd.

Le 9 mars, M. Baring a envoyé ce télégramme à Londres : ''Les blessures seraient compatibles avec des coups portés à l'aide de lourds bâtons ou de matraques et/ou de bottes''.

Au Kenya, le peuple kikuyu, se sentant de plus en plus opprimé, s'est engagé dans une campagne de dénonciation visant à résister à l'empiétement agricole européen, ce qui a conduit à l'émergence du mouvement des Mau Mau en 1952 qui militait pour l'autodétermination.

En réponse, le gouvernement britannique colonial a déployé d'importantes ressources militaires pour réprimer le soulèvement, ce qui a entraîné la détention de dizaines de milliers de Kikuyu et des violences généralisées.

Le récit le plus complet à ce jour d'un massacre survenu pendant la rébellion des Mau Mau au Kenya dans les années 1950 a été livré dans des documents du ministère des Affaires étrangères rendus publics par les Archives nationales.

La rébellion des Mau Mau dans les années 1950 a constitué un tournant décisif dans la lutte contre la présence britannique au Kenya.

Plus de 1 800 civils Kenyans ont été tués, et certains estiment à environ 20 000 le nombre de rebelles Mau Mau tués.

La répression britannique à ce soulèvement s'est traduite par des rafles massives de personnes soupçonnées d'appartenir au mouvement Mau Mau dont un grand nombre de personnes ont été pendues et jusqu'à 150 000 Kikuyu ont été internés dans des camps de détention.

Le plus grand massacre de ce soulèvement eut lieu à Lari le 26 mars 1953, lors d'attaques menées par les Mau Mau contre des familles de membres de la Home Guard, fidèles au pouvoir faisant 74 morts et une cinquantaine blessées.

Ce massacre a déclenché des représailles violentes de la Home Guard, des colons et des forces coloniales causant la mort de plusieurs centaines de personnes.

7- Afrique du Sud : Quand les Anglais affament Boers et Noirs dans des camps

Nous sommes à la fin du XIXe siècle. L'Afrique du Sud est le théâtre d'une seconde guerre entre les britanniques et les Boers (1899-1902), les descendants de colons hollandais arrivés un peu plus tôt autour du XVIIe siècle .

Rappel des faits :

À l'origine de la seconde guerre des Boers, la découverte de gigantesques gisements d'or au Transvaal, cette province sud-africaine en 1886 alors contrôlée par les Boers.

L'armée britannique, va mettre en place des camps de concentration y internant Femmes, vieillards et enfants et les laisser mourir de faim.

En octobre 1899, la guerre éclate entre les Boers et les forces britannique venues soutenir les immigrants anglais, dirigées par le général Frederick Roberts, puis par Lord Kitchener.

Kitchener mène au Transvaal une politique de terreur. Il aménage des camps dits de ''protection''. Fin 1901, 118 000 femmes et enfants boers et 43 000 Noirs fidèles aux insurgés sont internés dans une quarantaine de ces camps afin d'y être ''protégés''.

Mais en réalité, ces camps sont des mouroirs publics avec la privation de nourriture, la présence d'épidémies, rougeole, typhoïde, dysenteries engendrant un taux de mortalité élevé.

On estime que 28 000 Boers, dont 22 000 enfants, et entre 14 000 et 20 000 Noirs ont perdu la vie dans ces camps.

En septembre 1901, Lord Kitchener, dans un rapport adressé au War Office, écrira : ''Le pays est tranquille et j'y suis arrivé en évitant toute effusion de sang. Les camps de concentration, où j'ai réuni les femmes et les enfants, font rapidement leur œuvre de pacification.''

8- Nigéria : massacrer pour du butin

Le ''Bénin a été submergé par une catastrophe dont on pouvait espérer qu'il ne se remettrait jamais " écrit Barnaby Philips, auteur de Loot - Britain and the Benin Bronzes, un ouvrage qui raconte le pillage du royaume africain par les Britanniques.

Rappel des faits:

En février 1897, les britanniques lancent une expédition punitive contre le royaume du Bénin situé dans l'actuel Nigéria. Après dix jours de combats, les Anglais prennent le dessus. Le roi est détrôné et un incendie massif ravagea la place.

Selon les Anglais, l'origine de cette offensive se trouverait dans une embuscade menée par les guerriers du royaume un mois avant et qui a fait une centaine de morts parmi lesquels James Robert Phillips, consul général par intérim du Protectorat de la Côte du Niger.

La destruction du royaume du Bénin s'est produite au cours de la période connue sous le nom de " Scramble for Africa ", au cours de laquelle sept puissances européennes se sont affrontées pour s'emparer de la plus grande partie possible du continent africain.

Le Bénin était un royaume prospère qui contrôlait le commerce de précieuses ressources naturelles, comme l'huile de palme, le poivre, le corail bleu et l'ivoire, très convoités par les Britanniques.

La victoire de l'expédition punitive des Anglais est relatée par la presse internationale qui parle de "cet endroit horrible", une "ville du sang", rapporte le New York Times en décrivant des scènes où "de nombreuses victimes des Ju Ju, ou prêtres fétiches, ont été retrouvées crucifiées''.

Cette ''barbarie'' qui légitime en quelque sorte l'intervention britannique va se transformer en étonnement ou surprise lorsque des œuvres d'art en bronze qui décoraient autrefois le palais de l'Oba,(roi) arrivent en Europe.

Comment " un art aussi développé chez une race aussi entièrement barbare " a-t-il été possible ? écrivent les conservateurs du British Museum en 1898 dans " Benin City Works of Art ", se faisant l'écho de nombreux autres.

La vérité est que l'évocation de la barbarie servait à légitimer cette expédition punitive et le pillage du palais royal. Certains historiens parlent de dizaines de milliers de personnes tuées dans cette attaque.

9- Namibie 1904-1908 : les Allemands et le génocide des Héréros et des Namas

C'est en Namibie dans ce pays d'Afrique australe que le premier génocide du XXeme siècle a été commis. C'est dans ce pays également que les Allemands ont mis en place les premiers camps de concentration avant d'en refaire durant la seconde guerre mondiale pour interner les juifs, tziganes et roms.

Rappel des faits :

La Namibie a été une colonie à l'Allemagne. Envoyé pour assurer la pacification du nouveau territoire, le Général Lothar von Trotha va commettre un génocide des Héréros et des Namas.

La recherche a établi l'existence d'un ordre d'extermination donné à Lothar von trotha par l'Empire allemand en 1904, ce qui a conduit aux massacres des peuples autochtones Héréros et Namas.

Selon les historiens, ce génocide a causé la mort de 65 000 à 70 000 Héréros et de près de 20 000 Namas, soit respectivement près de 80 % du peuple Héréros et la moitié du peuple Namas entre 1904 et 1908.

C'est officiellement le 28 mai 2021 que l'Allemagne reconnaît pour la première fois avoir ''commis des crimes de génocide'' en Namibie et a demandé pardon.

10- Sétif, Algérie : 8 mai 1945

En France, le 8 mai 1945, est la fin de la seconde guerre mondiale. En Algérie, cette date correspond au bain de sang à Sétif.

Rappel des faits:

Une manifestation rassemblant quelque 10 000 personnes se tient à Sétif le jour de la fin de la Seconde guerre mondiale.

L'Algérie était encore sous domination française. Les manifestants avaient donc des raisons de manifester la fin de la guerre, mais certains avaient des revendications de liberté et d'indépendance.

Ils réclament la fin de la domination française mais aussi la libération d'un leader nationaliste Messali Hadji arrêté quelques mois plutôt.

Durant la manifestation, un homme brandit le drapeau algérien qui est celui des indépendantistes.

L'exhibition de ce drapeau était interdite en public.

La police abat l'homme et les choses s'enchainent avec des violentes émeutes.

Des français et européens sont tués. Une répression impitoyable menée par le général Duval s'ensuit avec une intervention de l'armée de terre et des milices.

Une commission d'enquête établira un bilan de 8.000 à 10.000 morts.

Les historiens parlent de 15.000 à 20.000 morts.

Aujourd"hui encore, ce passé douloureux continue d'alimenter la tension entre l'Algérie et la France.