Le Niger accuse la France d'être à l'origine de l'attaque de l'aéroport de Niamey

Crédit photo, AFP via Getty Images
- Author, Chris Ewokor
- Published
- Temps de lecture: 5 min
Le gouvernement du Niger a accusé la France d'être à l'origine de l'attaque perpétrée jeudi matin contre l'aéroport de Niamey.
Cette accusation, formulée dans un communiqué du ministère de la Défense nationale du Niger et lue sur la chaîne publique RTN (Radiodiffusion Télévision du Niger), affirme que des "mercenaires armés à la solde de la France d'Emmanuel Macron" ont mené une attaque meurtrière qui a coûté la vie à au moins 11 militaires et deux civils.
Le gouvernement n'a toutefois fourni aucune preuve à l'appui de cette affirmation, et la France n'avait pas immédiatement réagi.
L'assaut a toutefois été revendiqué par les jihadistes de la branche sahélienne d'Al-Qaida, six mois après une première offensive perpétrée par le groupe Etat islamique.
Selon le communiqué, les assaillants, dont certains auraient porté des ceintures d'explosifs et se seraient déplacés en taxis et autres véhicules civils, ont tenté de prendre d'assaut les installations de l'aéroport international Diori Hamani peu après 6 heures du matin, heure locale.
« La réaction rapide des forces de défense et de sécurité a permis de neutraliser les assaillants avant qu'ils n'atteignent le terminal », a déclaré le ministère.
Les autorités ont indiqué que 22 assaillants avaient été tués, quatre blessés et une vingtaine de suspects arrêtés. Une importante cache d'armes, comprenant notamment des lance-roquettes RPG-7, des fusils AK-47, des explosifs, des grenades, du matériel de communication et des milliers de cartouches, aurait été saisie. Les responsables ont précisé que les opérations se poursuivaient pour traquer les suspects restants.
Le gouvernement a déclaré que l'aéroport avait été entièrement sécurisé et restait ouvert au trafic aérien.
Condamnation unanime de l'attaque
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L'attaque a été rapidement condamnée par les dirigeants régionaux. Dans un communiqué publié depuis Addis-Abeba, le président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a « fermement condamné » l'assaut et a salué les forces nigériennes dont les actions « ont permis de repousser l'attaque et de sécuriser les installations aéroportuaires ».
La République du Bénin voisine a également dénoncé ce qu'elle a qualifié d'attaque contre une installation civile stratégique et a exprimé sa solidarité avec le peuple nigérien et les autorités de Niamey.
L'Ambassade des États-Unis à Niamey a également condamné l'attaque du 18 juin. Dans son communiqué, elle salue la réaction des Forces de défense et de sécurité nigériennes, qui ont permis de repousser l'assaut et de protéger les civils ainsi que les infrastructures essentielles. Washington réaffirme son opposition ferme au terrorisme et à l'extrémisme violent sous toutes leurs formes, soulignant que ce type d'attaque fragilise la stabilité et met en danger les populations.
Les États-Unis expriment aussi leur soutien au peuple nigérien et aux efforts des autorités pour assurer la sécurité, défendre les infrastructures stratégiques et traduire les responsables en justice.
Tout comme les Etats-Unis, la Belgique condamne l'attaque à l'aéroport international de Niamey et exprime sa solidarité avec le Niger. Elle a déploré les pertes civiles et des Forces de Défense et de Sécurité et a présenté ses condoléances aux proches des victimes.
Entre vulnérabilité et renforcement sécuritaire
Cet incident survient six mois après l'attaque du 29 janvier, qui avait marqué les esprits au Niger. L'aéroport de la capitale avait alors été frappé pour la première fois par des jihadistes. Cette attaque avait fait quatre blessés et causé d'importants dégâts matériels, selon les autorités.
Le site reste sensible : entre décembre et janvier, il accueillait une importante cargaison de concentré d'uranium, bloquée en attente d'exportation. Depuis, aucun mouvement de cette cargaison n'a été signalé.
Le général Abdourahamane Tiani avait évoqué « une faille dans le dispositif » ayant permis l'attaque, dont « l'objectif était de détruire toutes les capacités aériennes » de l'armée.
Ces dernières semaines, le régime a lancé une vaste campagne de destruction de quartiers autour de l'aéroport afin de se prémunir contre le « risque terroriste ». D'autres mesures de sécurité ont également été prises : le mur de clôture de l'aéroport a été renforcé et plus de 350 caméras ont été installées à l'intérieur et à l'extérieur du site.
Le régime militaire nigérien est confronté aux groupes jihadistes depuis le milieu des années 2010, comme ses voisins le Burkina Faso et le Mali. Arrivé au pouvoir après avoir renversé le président élu Mohamed Bazoum, il peine à inverser la tendance face à l'État islamique et au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), qui multiplient les attaques organisées.
En avril, le JNIM avait durement frappé le Mali voisin, également dirigé par une junte, jusque dans la capitale Bamako.
Niamey a par ailleurs tourné le dos à son partenaire historique, l'ex-puissance coloniale française, qu'il accuse régulièrement d'être le « sponsor » des jihadistes — une accusation que Paris réfute. Le pays s'est rapproché de partenaires qu'il juge plus « sincères », comme la Russie, la Turquie ou encore l'Iran.
Nous avons utilisé l'IA pour aider à traduire cet article, rédigé à l'origine en anglais. Un journaliste de la BBC a vérifié la traduction avant sa publication. En savoir plus sur la manière dont nous utilisons l'IA.

























